"Wolfram et l'étrange vieillard"
Notre héros en conversationn
avec son ami Oukté.
A moins d'être un crétin, on meurt toujours
dans l'incertitude de sa propre valeur et
de celle de son œuvre. Gustave Flaubert
Et, c’est rassurant, rien n’est arrivé à supplanter le livre en papier, même aux USA. Il y a quelque chose de sensuel dans la prise en main d’un ouvrage, un lien affectif qui nous empêche souvent de nous en séparer, même si nos étagères menacent de s’effondrer sous le poids.
mis en place, il faut envoyer à l’éditeur… attendre la “validation” de l’œuvre (comme il dit). Environ deux jours plus tard, cette validation arrive, déclenchant ma commande d'un exemplaire pour “bon à tirer”. On s’habitue à ce délai, quoique, les première fois, c'est comme l’attente du diagnostic d’un médecin. Bon ! le premier exemplaire arrive ! Quelques corrections (en ligne), ou le "manuscrit" est déjà tout prêt à être diffusé. Vous connaissez la suite.
À bientôt, donc, dans mes livres ou de visu
et n'hésitez pas à me contacter.
André Gobry
Proposer de quitter quelques heures notre monde pour voyager dans un autre univers était l’apanage des auteurs de fiction. On peut se demander si notre monde n’a pas tout entier basculé dans la fiction. Nous savons tous que “l’expression de la réalité” est toujours plus ou moins teintée d’imaginaire et d’autobiographique. Mais il y a pire maintenant, c’est l’usurpation. Souvent un romancier relève des faits avérés plus sûrement que des chroniqueurs et des historiens, est plus réaliste que ceux qui prêchent la bonne parole, plus lucide que les analystes… Souvent, son récit évoque une science sans endormir les lecteurs dès la première page. Et puis, les informations diffusées par les médias sont des opinions et des caresses dans le sens du poil. Il était possible de faire la part des choses, il ne reste que des choses éparses. Les “infos” nous fabriquent des séries avec des faits réels, sans hésiter à utiliser des situations tragiques pour appâter le client. Les journalistes frétillent à chaque nouvelle qui fera le buzz. Fruits des médias, les débatteurs croient qu’ils discutent sur le zinc du café d’en face. Nous sommes sans cesse invités à réagir affectivement à de fausses évidences et des commentaires orientés. Doit-on épiloguer sur le verbiage de la majorité de nos personnages politiques ? Ils se mêlent de donner des leçons à ceux qui ne partagent pas leurs lubies, en France ou ailleurs, ils se mêlent de se poser en défenseurs de la morale. Pourtant, leur discours et leur propagande ont autant de rapport avec la vérité qu’un balai avec une brosse à dent. Il y a lointaine ressemblance, c’est tout. Ces usurpateurs sont grassement rétribués pour usurper la création fictionnelle des écrivains. D’autant plus grassement que la grande majorité des romanciers français touchent au maximum 10% de droits d’auteurs sur chaque livre, seulement quelques dizaines de privilégiés parvenant à vivre de leur plume.
Quand des lectrices et lecteurs s'attribuent vos histoires et vos romans, qu'ils confondent l'intrigue et leur propre vie, c’est un beau compliment. Certaines m’ont confié être étonnées de la ressemblance de mes personnages avec des amis, parents ou relations. Il est toujours étonnant qu’on puisse trouver dans un roman ce qui nous importe, ce qui fait écho à des faits vécus, à des envies, rêves ou fantasmes. Le même roman peut faire éclater de rire, pleurer d’autres, réconforter, faire frémir, selon qui vous êtes et ce que vous avez vécu.
Je n’y suis pour rien, pourrais-je me justifier. Mes doigts courent sur le clavier sans contrôle. Oui, parfois ce sont des heures et des jours de documentation, d’autres encore selon le genre et le thème. Mais quand des personnages de romans se créent, ce n’est dû qu’à eux : ils surviennent, se présentent par leurs actes et leurs dialogues, racontent des lieux et d’autres personnages, qui vivent à leur tour individuellement…, je ne suis qu’un intermédiaire.
D’autres auteurs vous le diront, l’écriture pompe l’énergie, surtout quand elle se déroule chaque matin pendant plusieurs heures. Et c’est à la fois une source de bien-être, comme un devoir accompli. Viennent les relectures, reprises, corrections,… jusqu’à ce que l’enfant puisse être lâché dans le monde des grands. Quand je suis passé d’un éditeur à l’autre, j’ai relu, repris et corrigé avant de republier. Ces modifications sont bénéfiques – à mon avis – elles apportent en tout cas un regard différent. Un livre n’est jamais vraiment achevé.
Reste à créer l’ouvrage de bout en bout. Pour la couverture, une photo personnelle, une image qui m’a été offerte, une photo achetée en ligne. Puis c'est la mise en page du texte pour favoriser la lecture et réduire le nombre de pages, donc le prix du livre. Quand tout est
Il a fallu attendre que des éditions soient prêtes à diffuser des écrits qui ne soient pas “dans leur ligne éditoriale”, évitant de dire “pas assez vendeurs” selon leurs critères. On ne pouvait pas savoir si nos manuscrits étaient franchement nuls, ou s’il fallait simplement que nous apprenions à appâter le lecteur en proposant de la soupe. Entre nous, nous nommons “produits marketing“ les auteurs qui écrivent dans le but de vendre, quitte à utiliser le même truc chaque fois pour séduire, comme les producteurs de plats préparés : des saveurs sans personnalité, calculées pour convenir à tout le monde. Vous me direz que des nouvelles “éditions” laissent aussi planer l’équivoque, puisque certaines publient n’importe quel texte sans en contrôler la cohérence, ni la syntaxe, ni l’orthographe. Ainsi, il est toujours impossible de savoir si notre manuscrit est nul, puisque c’est toujours une affaire financière. Reste à faire confiance aux personnes qui nous lisent, elles sont les seules qui doivent nous intéresser.
Je suis né d'une famille de neuf enfants, à Saint-André-les-Vergers, une des communes "rurales" de l'agglomération ouvrière de Troyes... comme il est dit dans "Itinéraire de guerre de Pierre Gobry". Et mon premier roman, "Le commun des mortels" se déroule “en ces lieux”.
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Quelques changements de régions et de vie, puis j’ai jeté l’encre à Belley, petite ville de l'Ain, enclave partagée entre la Savoie, la Haute-Savoie et l'Isère.
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Il est banal de dire que j'écrivais déjà enfant, moins banal de signaler que j'étais un cancre, réputé paresseux, incapable, idiot... Vous pourrez en trouver des traces dans mon roman "En mémoire de moi".
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Et, pour faire mentir les stéréotypes, j'ai été un travailleur de force, manuel, d'éducation, intellectuel...
Mes premiers romans étaient comme naturels : “Le commun des mortels” – “La Proie” – “Une ombre au tableau” – “Paroles en l’erre” – certains étant déjà écrits en partie. Est venu le temps de plusieurs ouvrages rédigés en alternance dans la même époque, ce qui n’est pas gênant, puisqu’ils ne traitent pas du même sujet et qu’ils seront édités chacun son tour. Le 1er tome de la trilogie “Wolfram” était sous le coude, la documentation sur le 5ème siècle germanique étant rare et devant être assimilée. “Wolfram et l’étrange vieillard” à été publié en 2013 – “Wolfram et le jardin des dieux” en 2015 – “Wolfram et la source magique” en 2016.
Des auteurs ont de la mémoire, je ne peux me rappeler des dates, ni de ce que j’ai écrit vraiment, et suis étonné quand je relis. Il y eut un bain dans “Le Vivier”, recueil de nouvelles – “Une si jolie petite ville” (sera remplacé par Mascarade 2) – un plongeon dans “Mascarade“, essai traitant de la liberté d’expression et de la laïcité – “Itinéraire de guerre de Pierre Gobry“, courte biographie – les contes d’“Histoires courtes” – “Le médecin et la confiance” pose des questions sur la condition catastrophique des soignants, alors qu’on ne voyait pas encore la queue du Covid19.
Bon ! passons en 2019 avec un nouveau roman “L’homme providentiel” – “Mascarade 2” traite de la communication des collectivités locales. Surviennent “En mémoire de moi” – “ Et Śātān vit que cela était bon” – et un jeu de mots, “Lexique du SNOB et de l’absurde”. Il semblerait bien que ces cinq derniers livres appuient sur le constat que l’homme est un homme et ne peut être autre chose… quoi qu’on fasse.
Une autre jouissance est de rencontrer, dans les salons du livre, tant de personnes qui ne sont pas indifférentes. Nous y trouvons à la fois le besoin d’échanger et l’intérêt pour les autres, pour les livres et leurs auteurs. Les réactions caricaturales sont réconfortantes aussi, surtout quand on y reconnaît celles qu’on a couchées sur le papier. Ouf ! je ne m'étais pas trompé, ça existe ! Nous échangeons la plupart du temps avec des visiteurs agréables et attachants. D’autres n’ont jamais su lire, et cherchent dans un ouvrage ce qui est dans leur tête. Confucius disait : « Quand le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt. ». L'idiot de Confucius ne comprend pas que l'écrivain écrit ce qu'il écrit. Il cherche derrière ses propos un autre sens, un symbole. L'idiot de Confucius peut croire trouver une attaque partisane dans un constat, une vengeance dans une mise en garde. Cultivons nos idiots, ils sont plus faciles à récolter que les gens lucides et honnêtes, car ils croient en leur importance et se dévoilent à tout propos. Profitons de tout ce qui est beau et agréable, nous aurons bien le temps de balayer le reste.